top of page

Formation sous-remplie après la rentrée : que peut encore faire une école supérieure ?

Photo du rédacteur: Stanislas Decaux
Stanislas Decaux
28 sept.
6 min de lecture

La rentrée est passée.


Les emplois du temps sont en place, les étudiants ont commencé leur année et les équipes ont retrouvé leur rythme de croisière.


Pourtant, dans certaines écoles supérieures, un constat demeure : plusieurs places restent vacantes dans certaines formations.

À ce stade, la tentation est souvent de considérer que la rentrée est terminée et qu’il faudra simplement attendre la prochaine campagne d’admission.


Ce n’est pas nécessairement le cas.

Une formation sous-remplie en septembre doit surtout être considérée comme un signal de pilotage. Avant de relancer immédiatement la communication ou de revoir les objectifs, il faut comprendre pourquoi les inscriptions attendues ne se sont pas concrétisées.


  • 1. Première question : combien de places restent réellement vacantes ?


Le premier réflexe consiste à regarder le nombre total d’étudiants inscrits.

Ce chiffre est utile, mais insuffisant.

Une école peut avoir atteint son objectif global tout en présentant des écarts importants selon les formations.


Par exemple :

  • Bachelor 1 : 95 % de remplissage

  • Bachelor 2 : 88 %

  • Bachelor 3 : 72 %

  • Mastère 1 : 63 %


Le problème n'est donc pas nécessairement « l'école ne recrute pas ».

Il peut être concentré sur une formation, un niveau ou une cible particulière.

Le premier travail consiste donc à établir une photographie précise :


Capacité → objectif → candidatures → admissions → inscriptions → places restantes

Cette lecture permet de passer d'un constat global à un véritable diagnostic.


2. Si les places sont vacantes, il faut remonter le tunnel d'admission


Une formation sous-remplie n'est pas forcément victime d'un manque de visibilité.

Elle peut avoir généré suffisamment de prospects mais perdu une grande partie des candidats au cours du parcours d'admission.


Il faut donc regarder les différentes étapes :

Leads → contacts → rendez-vous → candidatures → admissions → inscriptions


Imaginons qu'une formation ait généré 500 leads pendant la campagne.

Si seulement 20 candidats se sont inscrits, plusieurs situations sont possibles.


Cas n°1 : le volume de leads était insuffisant


L'école n'a tout simplement pas généré assez de candidats qualifiés.

Le sujet est alors principalement lié à l'acquisition :

  • référencement naturel ;

  • campagnes publicitaires ;

  • plateformes d'orientation ;

  • salons ;

  • partenariats ;

  • communication locale ;

  • prescripteurs.


Cas n°2 : les leads étaient nombreux mais mal qualifiés


L'école a peut-être acheté ou généré beaucoup de contacts, mais une proportion importante ne correspondait pas réellement à la formation.

Le problème se situe alors davantage dans la qualité de l'acquisition que dans son volume.


Cas n°3 : les candidats étaient intéressés mais n'ont pas été transformés


Dans ce cas, le sujet peut se situer dans le traitement commercial :

  • délai de rappel ;

  • nombre de relances ;

  • qualité des entretiens ;

  • argumentaire ;

  • suivi des dossiers ;

  • accompagnement jusqu'à l'inscription.


Augmenter le budget publicitaire ne résoudra pas nécessairement ce problème.


3. Le positionnement de la formation doit également être questionné


Une autre situation est souvent plus difficile à identifier.

L'école génère des candidatures, les équipes répondent rapidement et les rendez-vous sont réalisés.

Pourtant, les candidats choisissent finalement une autre formation.

Il faut alors se demander :


Pourquoi un candidat devrait-il choisir cette formation plutôt qu'une autre ?


Le sujet peut concerner :

  • le contenu pédagogique ;

  • les débouchés ;

  • le niveau de spécialisation ;

  • le prix ;

  • la localisation ;

  • les modalités d'alternance ;

  • la notoriété de l'établissement ;

  • la lisibilité du diplôme ou de la certification ;

  • l'accompagnement proposé aux étudiants ;

  • la qualité perçue du campus.


Dans un environnement fortement concurrentiel, disposer d'une bonne formation ne suffit pas toujours.

Encore faut-il que sa valeur soit immédiatement compréhensible par le candidat et sa famille.


4. Septembre n'est pas forcément la fin des admissions


Une rentrée passée ne signifie pas automatiquement que toute possibilité d'inscription disparaît.

Selon la formation, son organisation et son cadre réglementaire, certaines écoles peuvent encore avoir des opportunités de recrutement au cours des semaines suivantes.


Cela nécessite toutefois de travailler avec une logique différente de celle de la campagne principale.

Il ne s'agit plus de construire une stratégie d'acquisition massive.


L'objectif est plutôt d'identifier les candidats encore susceptibles d'être activés :

  • prospects ayant demandé une brochure ;

  • candidats ayant commencé une candidature ;

  • dossiers incomplets ;

  • candidats admis mais n'ayant pas confirmé leur inscription ;

  • candidats ayant abandonné leur démarche ;

  • anciens prospects de la campagne ;

  • candidats arrivés tardivement sur le marché.


Une base de plusieurs centaines de contacts peut ainsi contenir encore des opportunités commerciales. À condition de savoir lesquelles.


5. Il faut distinguer urgence commerciale et problème structurel


Une erreur fréquente consiste à vouloir remplir les dernières places à tout prix.

Or, toutes les inscriptions supplémentaires ne se valent pas.


Si une formation accueille des étudiants qui correspondent mal à sa cible, l'école peut créer de nouveaux problèmes :

  • difficultés pédagogiques ;

  • insatisfaction ;

  • abandon ;

  • pression supplémentaire sur les équipes ;

  • dégradation de l'expérience étudiante.


L'objectif ne doit donc pas être simplement de faire disparaître une ligne « places restantes » dans un tableau.

Il faut rechercher des inscriptions cohérentes avec le positionnement et les capacités de l'établissement.


6. Que faire concrètement lorsqu'une formation est sous-remplie ?


Une approche opérationnelle peut être organisée en cinq étapes.


Étape 1 — Mesurer

Identifier précisément :

  • le nombre de places restantes ;

  • l'objectif initial ;

  • le nombre de candidatures ;

  • le nombre d'admissions ;

  • le nombre d'inscriptions ;

  • les taux de conversion à chaque étape.


Étape 2 — Segmenter

Analyser les candidats selon :

  • leur formation ;

  • leur niveau ;

  • leur origine géographique ;

  • leur source d'acquisition ;

  • leur statut dans le parcours d'admission.


Étape 3 — Identifier le point de rupture

La question n'est plus : « Pourquoi n'avons-nous pas assez d'étudiants ? »

Mais : « À quelle étape avons-nous perdu les candidats ? »


Cette différence change complètement le plan d'action.


Étape 4 — Réactiver


Construire une campagne ciblée auprès des prospects présentant encore un potentiel réel.

La relance doit être structurée, personnalisée et suivie.


Étape 5 — Préparer la campagne suivante


Une rentrée sous-remplie fournit également des informations précieuses pour l'année suivante.

Les données permettent notamment de déterminer :

  • quelles sources ont réellement généré des inscriptions ;

  • quelles formations ont été les plus difficiles à remplir ;

  • quels arguments ont fonctionné ;

  • à quelles étapes les candidats ont abandonné ;

  • quels canaux ont généré du volume sans générer de résultats.


Le véritable enjeu est donc de transformer une rentrée décevante en données utiles pour la campagne suivante.


Ne pas confondre manque de candidats et problème de conversion


C'est probablement l'un des enseignements les plus importants.

Deux écoles peuvent afficher exactement le même nombre de places vacantes et pourtant avoir besoin de deux stratégies complètement différentes.


La première manque de candidats qualifiés.


La seconde dispose de suffisamment de candidats mais les transforme insuffisamment en inscriptions.


Dans le premier cas, il faudra travailler l'acquisition.

Dans le second, le sujet peut être le parcours candidat, l'organisation commerciale, le discours, le suivi ou le positionnement.


Le remède ne peut être pertinent que si le diagnostic l'est.


Et si le problème était plus profond ?


Lorsque la sous-performance se répète année après année, il faut aller plus loin qu'une campagne de relance.

Une formation durablement sous-remplie peut révéler :

  • un positionnement devenu moins attractif ;

  • une concurrence nouvelle ;

  • une offre trop large ;

  • un prix mal positionné ;

  • une organisation commerciale insuffisamment dimensionnée ;

  • un parcours candidat trop complexe ;

  • un manque de différenciation ;

  • ou un décalage entre l'offre proposée et les attentes du marché.


Dans ce cas, le sujet n'est plus uniquement celui des admissions.

Il devient un enjeu de pilotage et de stratégie d'établissement.


En conclusion


Une formation sous-remplie après la rentrée n'est pas simplement une mauvaise nouvelle dans un tableau de bord. C'est une information.

Elle indique qu'à un moment donné, entre l'acquisition du candidat et son inscription, quelque chose n'a pas fonctionné comme prévu.


La priorité n'est donc pas nécessairement de faire davantage.

La priorité est de comprendre où se situe l'écart entre l'objectif et la réalité.


Une fois ce diagnostic établi, l'école peut déterminer s'il faut :

réactiver → convertir → repositionner → réorganiser → ou préparer différemment la prochaine campagne.

C'est cette capacité à passer du constat à l'action qui transforme véritablement les données d'admission en outil de pilotage.


Campus Boost : accompagner les établissements dans leurs enjeux de performance


Campus Boost accompagne les établissements d'enseignement supérieur dans leurs problématiques de performance, admissions, relations entreprises, organisation et transformation.


L'intervention peut notamment prendre la forme d'un diagnostic opérationnel, d'un audit ou d'un accompagnement de transition destiné à identifier les leviers prioritaires et à mettre en œuvre les actions nécessaires.


Votre établissement constate un écart entre ses objectifs de recrutement et ses résultats ? Parlons-en.

 
 
 

Commentaires


bottom of page