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Quels KPI suivre pour piloter la performance d’une école supérieure ?

Photo du rédacteur: Stanislas Decaux
Stanislas Decaux
11 sept.
6 min de lecture


Piloter une école supérieure ne consiste pas simplement à regarder son chiffre d’affaires ou son nombre d’étudiants inscrits.


Un établissement peut afficher un nombre de candidatures en hausse tout en étant en difficulté sur ses inscriptions. À l’inverse, un campus peut atteindre ses objectifs de recrutement tout en dégradant sa rentabilité ou en fragilisant son organisation.


La véritable question est donc : quels indicateurs permettent réellement de comprendre la performance d’une école supérieure et d’identifier rapidement les points de blocage ?


Dans un environnement où les établissements doivent composer avec une concurrence accrue, des objectifs de recrutement ambitieux et des coûts de fonctionnement importants, le pilotage par les données est devenu un enjeu stratégique.


Voici les principaux KPI qu’un établissement d’enseignement supérieur devrait suivre.


1. Les KPI d’acquisition : combien de prospects l’école génère-t-elle ?


Avant de parler d’inscriptions, il faut commencer par mesurer la capacité de l’établissement à générer des prospects qualifiés.


Parmi les principaux indicateurs à suivre :

  • Nombre de leads générés

  • Nombre de leads qualifiés

  • Source des leads

  • Coût par lead

  • Coût par lead qualifié

  • Taux de qualification des leads

  • Répartition des leads par formation

  • Répartition des leads par zone géographique


Ces indicateurs permettent notamment de répondre à une première question : l’école génère-t-elle suffisamment de demandes pour atteindre ses objectifs ?


Un volume important de leads n’est toutefois pas nécessairement une bonne nouvelle.

Une école peut générer plusieurs centaines de contacts et obtenir finalement très peu d'inscriptions si les leads sont mal ciblés ou si le processus commercial n'est pas suffisamment performant.


La qualité des leads doit donc être analysée au même titre que leur quantité.


2. Les KPI d’admission : du lead à l’inscription


C’est souvent à ce niveau que se trouvent les principaux leviers de performance.

Il est essentiel de mesurer les différentes étapes du parcours candidat :

Leads → Contactés → Candidatures → Admissibles → Admis → Inscrits


Pour chacune de ces étapes, l’établissement doit connaître son taux de conversion.

Par exemple :

  • Taux de contact des leads

  • Taux de prise de rendez-vous

  • Taux de candidature

  • Taux d’admission

  • Taux de transformation admission → inscription

  • Taux global lead → inscrit

  • Nombre d’inscriptions par formation

  • Nombre d’inscriptions par source d’acquisition


Cette lecture permet de dépasser une simple constatation du type « nous n’avons pas assez d’inscrits ».

Si une école génère suffisamment de leads mais transforme très peu de candidats en inscrits, le problème n’est probablement pas l’acquisition.


Il peut se situer dans le traitement des leads, le discours commercial, le positionnement de la formation, les délais de relance, l’expérience candidat ou encore dans l’organisation de l’équipe admissions.


Un bon tableau de bord ne doit donc pas seulement constater le résultat. Il doit permettre d’identifier où le processus décroche.


3. Les KPI commerciaux : mesurer l’efficacité des équipes

Les équipes admissions et commerciales jouent un rôle central dans la performance d’un établissement.


Il est donc utile de suivre des indicateurs opérationnels tels que :

  • Nombre d’appels effectués

  • Nombre de rendez-vous réalisés

  • Nombre de relances

  • Délai moyen de traitement d’un lead

  • Nombre de candidats suivis par collaborateur

  • Taux de transformation par collaborateur

  • Nombre d’admissions générées

  • Nombre d’inscriptions générées

  • Taux de conversion par canal


Ces données permettent notamment de distinguer deux problématiques souvent confondues :

  • un problème de volume

  • un problème de performance commerciale.


Une équipe qui dispose de suffisamment de prospects mais qui transforme peu peut avoir besoin d’un accompagnement différent d’une équipe qui manque simplement de leads.


Cette distinction est fondamentale pour éviter de répondre à chaque problème par une augmentation du budget marketing.


4. Les KPI de remplissage : où en est réellement chaque formation ?


Le pilotage doit également être réalisé formation par formation.

Le nombre total d’étudiants inscrits dans l’établissement peut masquer des situations très différentes.


Une école peut, par exemple, avoir atteint son objectif global alors qu’une formation est largement sous-remplie et qu’une autre concentre l’essentiel des inscriptions.


Il est donc pertinent de suivre :

  • Capacité théorique par formation

  • Nombre d’inscrits

  • Taux de remplissage

  • Objectif d’inscriptions

  • Écart à l’objectif

  • Nombre de places restantes

  • Évolution du remplissage par rapport à l’année précédente


Cette approche permet de déterminer rapidement quelles formations nécessitent une action prioritaire.


5. Les KPI financiers : la croissance ne suffit pas


La performance d’une école ne peut pas être uniquement mesurée par son nombre d’étudiants.

Une croissance du nombre d’inscrits peut être accompagnée d’une hausse encore plus importante des coûts.


Le pilotage financier doit donc intégrer notamment :

  • Chiffre d’affaires

  • Chiffre d’affaires par étudiant

  • Coût d’acquisition d’un étudiant

  • Masse salariale

  • Coût pédagogique par étudiant

  • Coût de fonctionnement par campus

  • Marge par formation

  • Seuil de rentabilité

  • Écart entre budget et réalisé


L’objectif n’est pas de transformer les équipes opérationnelles en analystes financiers.

Il s’agit surtout de disposer d’une vision suffisamment précise pour comprendre si la croissance générée est réellement rentable et soutenable.


6. Les KPI liés à l’expérience et à la fidélisation des étudiants


La performance d’un établissement se mesure également dans la durée.


Le recrutement d’un étudiant constitue une première étape. Il faut ensuite être capable de le faire réussir, progresser et rester dans l’établissement.


Parmi les indicateurs utiles :

  • Taux d’assiduité

  • Taux de décrochage

  • Taux de réinscription

  • Taux d’abandon

  • Satisfaction des étudiants

  • Satisfaction des entreprises partenaires

  • Taux de réussite

  • Taux d’insertion professionnelle


Ces données permettent d’identifier d’éventuels problèmes qui ne sont pas immédiatement visibles dans les indicateurs commerciaux.


Un établissement peut par exemple atteindre ses objectifs d’inscription tout en rencontrant des difficultés importantes de fidélisation ou d’expérience étudiante.


7. Les KPI des relations entreprises


Pour les établissements proposant de l’alternance, des stages ou des dispositifs reposant fortement sur les entreprises, les relations entreprises constituent également un axe majeur de pilotage.


Il peut être pertinent de suivre :

  • Nombre d’entreprises partenaires

  • Nombre de nouvelles entreprises prospectées

  • Nombre d’entreprises actives

  • Nombre d’offres collectées

  • Nombre de placements réalisés

  • Taux de placement

  • Nombre d’étudiants accompagnés

  • Délai moyen de placement

  • Nombre d’événements entreprises organisés

  • Taux de satisfaction des entreprises


Là encore, le volume ne suffit pas.

Une base de plusieurs centaines d’entreprises peut sembler impressionnante mais générer peu de résultats si seule une faible proportion est réellement active.


8. Le KPI le plus important : l’écart entre objectif et réalité


Paradoxalement, le KPI le plus intéressant n’est pas toujours un indicateur de volume.

C’est souvent l’écart entre l’objectif et le réalisé.

Une direction doit pouvoir répondre rapidement à des questions simples :


Où en sommes-nous ?

Où devrions-nous être ?

Quel est notre écart à l’objectif ?

Pourquoi cet écart existe-t-il ?

Quels leviers pouvons-nous activer ?


C’est cette dernière étape qui transforme un tableau de bord en véritable outil de pilotage.


Un tableau de bord efficace ne doit pas tout mesurer


L’une des erreurs fréquentes consiste à multiplier les indicateurs.

Plus un tableau de bord contient de données, plus il peut devenir difficile à exploiter.


L’objectif n’est donc pas de disposer de 50 KPI.

Il est préférable d’identifier 10 à 15 indicateurs réellement stratégiques, capables de donner une vision claire de la situation de l’établissement.


Ces indicateurs doivent être suivis régulièrement, comparés aux objectifs et surtout associés à des plans d’action.


Car un KPI n’a de valeur que s’il permet de prendre une décision.


Que faire lorsqu’un campus n’atteint pas ses objectifs ?


Lorsqu’un établissement constate un retard par rapport à ses objectifs, la première réaction consiste parfois à chercher immédiatement une solution : augmenter le budget publicitaire, recruter un commercial, lancer une nouvelle campagne ou modifier les objectifs.


Avant cela, il faut comprendre où se situe réellement le problème.


Un diagnostic de performance peut notamment analyser :

Acquisition → Conversion → Admissions → Organisation → Management → Rentabilité


Cette analyse permet de distinguer un problème de marché d’un problème interne et d’identifier les leviers d’action prioritaires.


Une école qui manque de leads n’aura pas les mêmes besoins qu’une école qui génère suffisamment de prospects mais transforme insuffisamment ses candidatures.


De la même manière, une école qui atteint ses objectifs commerciaux mais dont les coûts explosent devra travailler sur d’autres leviers.


En conclusion


Piloter la performance d’une école supérieure ne consiste donc pas à regarder un seul chiffre.


La performance repose sur un ensemble d’indicateurs permettant de suivre l’intégralité du parcours :

Acquérir → Convertir → Inscrire → Fidéliser → Développer → Rentabiliser


Le rôle du pilotage est ensuite de transformer ces données en décisions concrètes.

Un bon tableau de bord ne dit pas seulement ce qui s’est passé. Il permet de comprendre pourquoi cela s’est produit et quelles actions doivent être engagées.


C’est précisément cette approche qui permet à un établissement de passer d’un pilotage essentiellement réactif à un véritable pilotage de la performance.


Campus Boost : accompagner les établissements dans leur performance


Campus Boost accompagne les établissements d’enseignement supérieur confrontés à des enjeux de performance, de développement, d’organisation ou de transformation.


L’objectif : analyser la situation, identifier les leviers prioritaires et mettre en œuvre les actions nécessaires pour retrouver une trajectoire de performance durable.


Vous constatez un écart entre les objectifs de votre établissement et ses résultats ? Parlons-en.

 
 
 

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